de Bernard Jeanjean

avec Olivia Bonamy et Clovis Cornillac.

Yann (joué par Clovis Cornillac) et Rose (incarnée par Olivia Bonamy) sont en couple depuis quelques années. Ils s’aiment aussi ardemment que le premier jour de leur sulfureuse rencontre. Ils savent définitivement qu’ils sont faits pour vivre ensemble… et avoir des enfants. Aussi et le plus naturellement possible ils essaient de mettre un enfant au monde mais rien n’advient. Ils décident de consulter et s’ensuite une longue série d’épreuves plus ou moins douloureuses. Rose décide de tout mettre à plat : elle remet en question le désir parental de ses parents envers elle, son propre désir d’avoir un enfant et le désir qu’elle ressent pour Yann.

Ce film décrit bien les problèmes de l’infécondité du couple, avec justesse, maladresse parfois mais cela ne nuit en rien au côté touchant de ce film qui va au coeur des choses et pose les bonnes questions.

Les couples inféconds sont amenés à vivre un long périple semé d’embûches et ce n’est qu’au prix d’efforts coûteux qu’ils parviendront peut-être à mettre un enfant au monde. Néanmoins, leur parcours les révèlera à eux-même et si ils restent ensemble, leur couple s’en trouvera renforcé.

Chaque année, environ 500 000 couples consultent  afin être aidés pour concevoir un enfant, soit environ 1 couple sur 7 et et 1 sur 10 suit des traitements. L’infertilité concerne 80 millions de personnes dans le monde. Ce chiffre a tendance à croître depuis quelques années. Cela s’explique en grande partie par l’âge de la première grossesse  qui est plus tardif, en moyenne 30 ans en France. Les femmes font des enfants plus tard, attendent d’être bien installées dans leur vie professionnelle et conjugale pour fonder une famille. Pourtant il est prouvé que la fécondité diminue avec l’âge. Elle atteint son apogée chez une femme de 20 ans puis décroît entre 30 et 35 ans, et  baisse plus sérieusement à partir de 35 ans.

Par ailleurs, la contraception a amené une sorte d’illusion de la fécondité. Le fait de pouvoir contrôler sa fécondité donne l’impression de pouvoir programmer la naissance d’un enfant. En réalité notre corps n’obéit pas si facilement à ces planifications. Les ovaires sont sous la dépendance de notre système nerveux central, c’est lui qui commande les ovulations. Ainsi tous les évènements extérieurs peuvent impacter notre fécondité. On observe d’ailleurs une augmentation de ces troubles de l’ovulation. Preuve que le mental, l’inconscient, jouent un rôle dans le fait de donner la vie.Il n’est pas évident de comprendre l’infécondité. Les causes sont diverses et parfois inexpliquées.

Chaque couple vit l’infécondité de manière différente, néanmoins nombreux sont les couples à raconter les mêmes tourments à l’annonce de l’infertilité : l’incompréhension, face à ce corps qui fait défaut ; l’impression d’injustice. « Pourquoi ne peut-on pas avoir d’enfant, nous qui le désirons si fortement tandis que d’autres en ont  « par accident » ?

L’infécondité entraîne culpabilité et solitude

 

Il faut faire le deuil d’avoir un enfant naturellement. Ce qui est presque surhumain tant l’idée d’avoir un enfant semble naturelle et normale.Avoir à surmonter ce deuil d’une naissance naturelle est quelque chose de douloureux qui demande du temps et un travail d’acceptation.  Cela engendre parfois une dépression, plus ou moins forte. C’est un véritable bouleversement psychologique qui entraîne de la souffrance et de la culpabilité, notamment pour celui qui est à l’origine de l’infécondité du couple. Le sentiment de culpabilité, d’être celui ou celle « qui ne peut pas » et qui prive son conjoint d’un enfant conçu naturellement induit une insidieuse remise en question. La personne se  demande ce qui ne va pas chez elle, a l’impression de n’être pas normale. Elle se sent « nulle » et dévalorisée face à cet « échec » de sa féminité ou de sa virilité…

Enfin, il y a un immense sentiment de solitude car les proches sont souvent d’un faible secours dans cette situation. L’entourage, sans s’en rendre compte, a tendance à renvoyer le couple a sa solitude. Le couple n’est pas seul avec son envie de bébé : il y a leurs parents, qui les tannent gentiment depuis un an « Alors, ce petit-fils, c’est pour quand ? ». Il y a le beau-frère déjà Papa qui leur propose « le mode d’emploi » dans un éclat de rire… et la bonne copine qui les appelle de la maternité pour partager son bonheur. Toutes ces remarques enfoncent le couteau dans la plaie. Elles sont encore plus insupportables après, quand le couple s’est enfin décidé à se lancer dans le parcours de la Procréation Médicalement Assistée.

Les couples qui sont passés par là décrivent souvent leurs difficultés à communiquer avec leurs proches : comment raconter ces examens et actes médicaux si intimes ? Que faire quand on hésite entre tristesse et jalousie devant les enfants des autres ? Que répondre à ces paroles compatissantes qui donnent envie de hurler ?

Le dialogue est encore plus compliqué avec l’entourage professionnel. On ne souhaite pas forcément informer son employeur de ses problèmes de fertilité. Pourtant, avec la PMA, les divers actes médicaux imposent à la femme de nombreux retards ou absences. Certaines femmes choisissent d’ailleurs de prendre un congé sabbatique.

Face à cette incompréhension de l’entourage, on compte sur son conjoint, qui sait précisément ce que nous ressentons. Mais bien souvent, le couple aussi est mis à l’épreuve au long du parcours de la Procréation Médicalement Assistée.

 

Ces épreuves ont un impact sur le couple

Les couples s’engagent avec une foi absolue dans la réussite de ces méthodes et se retrouvent pris dans des traitements d’une lourdeur extrême, et confrontés à une intrusion dans leur vie sexuelle et dans l’intimité féminine.  Ces protocoles médicaux envahissent leur quotidien, leur travail, leur couple. Certaines femmes peuvent néanmoins compter sur le soutien de leur mari et assurent que cette épreuve a renforcé leur couple. Ce n’est pas le cas de chacune. Certaines se sentent considérées comme un ventre uniquement.  Leurs maris ont probablement trop focalisé leurs attentes sur leurs femmes et cela tourne à l’obsession de l’enfant.  Il faut faire très attention à être à l’écoute de sa/son partenaire et pouvoir assurer un soutien sinon le couple risque de se fragiliser encore plus et ce, jusqu’à la rupture.

Les médecins ont aussi  un rôle important de soutien  à fournir.  Ils doivent bien faire comprendre au couple qu’il faut dissocier le problème de la fécondité, de leur sexualité.  Il est de leur ressort de les déculpabiliser face à cette situation.  Une trop forte culpabilisation de la part des partenaires nuit à leur relation.

Certains couples éprouvent parfois des sentiments ambigus : culpabilité et repli sur soi pour le partenaire diagnostiqué « infertile », ressentiment inavouable pour le conjoint « privé » de bébé.

Le dialogue au sein du couple semble alors indispensable pour affronter ensemble les difficultés. D’autant plus si les partenaires font le choix de la Procréation Médicalement Assistée.

L’intimité du couple risque d’être chamboulée lors de ce protocole médical : le test de Huhner (analyse du sperme quelques heures après un rapport sexuel), les prélèvements de sperme par masturbation, les rapports sexuels programmés, l’injection de l’embryon dans l’utérus… Toutes ces pratiques manquent vraiment de romantisme ! À cela s’ajoutent la fatigue, la prise de poids et l’irritabilité, fréquentes chez la femme en raison des traitements hormonaux prescrits. La répétition des échecs fragilise aussi chaque jour un peu plus le couple.

Toutefois, il arrive qu’au bout de quelques mois voire de quelques années, surgisse soudainement l’événement tant attendu et l’océan de joie balaie tous les moments de doutes et de désarroi qui ont été courageusement traversés par le couple. Le Messie arrive enfin et la grâce avec lui !

 

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Anne, psychologue spécialiste en relations de couple

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