Dans son ouvrage, L’homme expliqué aux femmes, Vincent Cespedes s’adresse à la fois aux femmes et aux hommes et nous parle d’une nouvelle masculinité qui se déploie et ne demande qu’à se déployer davantage au XXIè siècle.

Il part d’abord du constat que les hommes sont empêtrés dans une considérable « flemme d’aimer ». Un grand nombre de femmes s’en plaignent et leurs reprochent d’être mous, lâches et indécis. La réalité est que leur désir est en berne. La libido gelée par cette injonction paradoxale typique de notre société : il faut jouir et profiter le plus possible de notre liberté tout en respectant le principe de l’encouplement ; être en couple pour la vie et s’interdire de séduire, de coucher ou de tomber amoureux d’autres femmes. Le culte du couple considéré à la fois comme moyen et fin de réussite sociale.

Tout au long du livre, Vincent Cespedes s’insurge contre ce principe bourgeois et « inhumain » qui tend à pétrifier la masculinité de l’homme et assoupir son désir/plaisir. C’est parce qu’il est proscrit d’aimer ailleurs, d’aimer autrement, que le coeur et le corps de l’homme s’en trouvent diminués. Il n y a pas de place pour la créativité amoureuse, pas de place pour la séduction ni pour la passion.

La société dans son ensemble participe à cela ; notamment le monde de l’entreprise qui vise à rendre l’homme aussi docile et interchangeable qu’une machine. Dans nos vies de labeur trop organisées, trop calculées et trop envahissantes, la folie amoureuse n’a pas lieu d’être. Un peu de passion amoureuse viendrait chambouler notre petit quotidien. Il reste terne car sans imprévus, sans grains de folie qui s’immiscent dans une redoutable planification des choses.

Il y a aussi l’ère de consommation dans laquelle on est baignés qui fige le désir au détriment d’une jouissance immédiate. Assaillis de publicités en tous genres et de vidéos pornos à profusion, notre désir est pris de court. Le désir est à banir, il prend trop de temps et il faut aller plus vite que la vitesse dans cette société effrénée, apeurée par le temps qui passe et la vieillesse (qui jouit moins mais désire sans doute plus).

La séduction, à l’inverse de la recherche du plaisir immédiat, aime prendre son temps, aime désirer, jouit dans son désir. Désir et plaisir sont en parfaite synchronicité. La séduction, l’amour courtois d’autrefois se fait hélas de plus en plus rare. Aujourd’hui dès qu’on reste dans la séduction (sans concrétisation) plus de quelques mois cela paraît louche et on se demande si le mec n’est pas homo refoulé ou finalement pas intéressé. Pourtant la phase de la séduction mériterait qu’on s’y attarde ; elle est une source de plaisir perpétuelle et renouvellée à chaque instant. Elle crée aussi un lien très fort entre les personnes et fait perdurer la relation amoureuse.

Je vais m’arrêter là (pour vous donner l’envie de le lire) mais il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce livre qui donne réellement matière à réfléchir. Le petit bémol : je n’apprécie pas tellement le style de l’écrivain car il manque selon moi, de fluidité et est parfois un peu lourd. Le fond est aussi un peu insistant, exagéré et peut agacer par son aspect excessif mais comme le dit l’auteur lui-même, c’est pour pour bousculer les consciences qu’il grossit les traits. On a souvent besoin de loupe pour bien voir ce qui semble trop petit, trop insidieux. La plupart des travers sont insidieux, camouflés par des choses trop visibles, souvent moins porteuses de vérité que ce qui se voit moins.

Bonne lecture et n’hésitez pas à partager vos avis 🙂

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Anne, psychologue spécialiste en relations de couple

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