Ce thème m’a été insufflé par un pédopsychiatre et le trouvant très inspirant je vous livre quelques réflexions qui je l’espère permettront aux concernés et tous ceux qui les côtoient de près ou de loin d’avoir une compréhension plus fine des problématiques adolescentes et notamment leurs rapports à l’amour.

Ecrire sur l’adolescence et l’amour c’est comme écrire sur la lune et le soleil, ils sont corollaires l’un de l’autre.

L’adolescence, la métamorphose simultanée du corps et de l’esprit

L’adolescence marque la fin de l’enfance et le début d’une nouvelle ère, elle se situe vers la fin de la douzième année et s’étend jusqu’à la vingtaine voire la trentaine de nos jours.
Plus prosaïquement elle prend naissance à la puberté, ou le corps d’enfant change peu à peu pour faire émerger un corps nouveau ; un corps d’adulte.

Il faut apprivoiser ce corps étranger. C’est cette métamorphose physique qui bouleverse et transforme aussi psychologiquement. Le plus souvent on est embarrassés de ce corps trop grand, de ses nouvelles parties volumineuses qui paraissent incommensurables. Les adolescents sont très pudiques même si ça ne se voit pas forcément de prime abord. Effectivement certaines jeunes filles ont tendance à se vêtir avec audace (tenues moulantes et maquillage outrancier) mais c’est davantage une tentative de coller avec ce nouveau corps, de le révéler à soi et aux autres que de l’indécence. Sans oublier qu’on est dans une société du paraître, savoir mettre son corps en valeur est autant devenu une exigence sociétale qu’un besoin individuel.

L’adolescence ; une période charnière entre rêves et réalité

En terme imagé on peut voir l’adolescence comme la métamorphose de la chenille qui se mue peu à peu en papillon. D’enfant innocemment joyeux on devient un être en plein questionnement. Après douze ans l’état joyeux dans lequel on baigne tendrement s’assombrit pour laisser place à d’autres émotions, plus ambivalentes et plus sombres. On perçoit la réalité avec plus de complexité. On commence à différencier nos désirs de ceux de nos parents et pairs. Le principe de plaisir et celui de réalité se dissolvent en deux entités distinctes et c’est ainsi que naît le conflit en le moi et le surmoi. S’ensuit un cortège de questions plus ou moins douloureuses sur qui on est, qui sont les autres, comment se placer par rapport à eux, comment trouver la juste distance qui nous préservera de leurs attentes tout en restant proche d’eux.

Le corps change sous l’afflux des hormones. Ces dernières s’affolent, on a du mal à les contrôler et l’on a l’impression que ce sont nos émotions qui nous gouvernent.
On ressent des émotions fortes à la vue du sexe opposé (ou similaire) et on en est chamboulé. On ne sait pas comment réagir face à l’autre sexe, ou pire, nos modèles sont ceux des films (ou romans) et on se sent incapables de les imiter.
Les modèles façonnent, font rêver mais aussi font peur. Ils apparaissent comme des idéaux inaccessibles. En même temps on ne peut pas vivre sans eux, ils sont constitutifs de notre identité.
Ils font partie de nos rêves mais la réalité nous rappelle à nos limites.

Une rencontre entre soi et l’autre

Lorsqu’on pense ou qu’on évoque son adolescence, on ne peut pas s’empêcher de songer aux premiers émois amoureux que l’on a ressentis. L’adolescence étant la découverte de soi mais aussi de l’autre et notamment du sexe opposé, le sentiment amoureux y est intrinsèquement lié.

La rencontre de soi dans l’autre bouleverse. On se cherche et on se voit dans les yeux de l’autre. C’est pourquoi les sentiments que l’on porte à l’autre sont la plupart du temps narcissiques. Il est important de pointer que ce terme n’est pas péjoratif, au contraire, il est bénéfique dans le sens ou c’est grâce à cet amour qu’on apprend aussi à s’aimer et plus on y parvient plus on est en mesure d’accueillir l’autre dans sa différence, autrement dit dans l’amour véritable.
L’adolescence étant une période de transition, entre chenille et papillon, nous sommes fragiles, un rien peut transfigurer comme faire régresser.

L’amour est la valeur primordiale et fondatrice de l’adolescence

Une rupture sentimentale par exemple est une des pires choses qui puissent arriver. Contrairement à ce qu’on peut supposer, on investit bien plus les amours à cet âge là qu’à l’âge adulte. Il suffit de lire « les souffrances du jeune Werther » pour saisir à quel point l’amour est le paroxysme de nos tourments adolescents. Ce roman narre un amour impossible entre Werther et Charlotte. Ce dernier se suicide de désespoir.
Le moi étant encore en état de flottement, on est forcément très influencés par les autres et surtout par le regard qu’ils nous portent. Si on est quitté c’est qu’on n’est pas assez intéressant ou pas suffisamment aimable. L’estime et la confiance en soi sont instables et mouvantes au gré des rencontres. En fait on accorde plus de crédit aux yeux des autres qu’aux siens car on ne saisit pas très bien qui on est ni ce qu’on veut alors que les autres semblent toujours plus sûrs.

Enfin, l’adolescence se caractérise par une soif d’absolu, laquelle forge la personnalité. A travers les rencontres, les expériences, les événements, on découvre ce qu’on aime et on se confronte à ses valeurs. Cette soif d’absolu se caractérise soit par une symbiose sentimentale soit par un dévouement à une grande cause (humanitaire, politique etc).
On est jamais aussi idéaliste que buté lorsqu’on adolescent. Tout semble possible car on ne s’est pas encore cogné à la dureté du réel.

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Anne, psychologue spécialiste en relations de couple

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