Huis clos
est une pièce de théâtre en un acte de Jean-Paul Sartre, rédigée à la fin de l’année 1943 et représentée pour la première fois le 27 mai 1944 au théâtre du Vieux-Colombier, à Paris. Cette pièce de théâtre symbolise l’existentialisme, mouvement littéraire du début du xxe siècle où l’être humain est défini par ses actes et non-actes.

Le résumé de Huis clos

Un garçon d’étage introduit dans un salon Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l’ancienne employée des Postes et Estelle, la mondaine. Ainsi un stupéfiant huis clos prend place. Ils vont se livrer à une joute verbale qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Chacun s’interroge sur sa damnation et se cache sous le masque de la « mauvaise foi ». Chacun a besoin de l’autre pour exister, prendre conscience de soi ; chacun est inter-dépendant. Le regard d’autrui est donc aussi une menace.

La violence, l’humour noir, le désespoir et la révolte insufflent à cette pièce une simplicité diabolique à la mécanique implacable.

Les personnages

Garcin, journaliste. Il a été fusillé en raison de sa fidélité au pacifisme. Il croit qu’il est un héros. Il se montre pourtant perfide.

Inès, une ancienne employée des Postes, lesbienne . Elle a fait voler en éclat le couple de sa meilleure amie. Elle est morte asphyxiée par le gaz.

Estelle, femme d’un vieil homme riche. Elle a été la maîtresse d’un jeune homme et a commis le meurtre d’un enfant. Elle est morte d’une pneumonie. Elle ne cesse de frauder avec la vérité.

Huis clos est une oeuvre fascinante, captivante, envoûtante tant son objet -le Mal- attire autant qu’il repousse. Au fur et à mesure de la pièce, le spectateur assiste à une véritable montée en Enfer, simultanément provoquée et subite par les trois protagonistes. On s’aperçoit que l’Enfer, loin des images clichées, n’est pas à l’extérieur de nous mais principalement en nous. L’Enfer ce n’est pas les flammes du bûchée ou les tortures sempiternelles. « L’enfer c’est les autres ». Contrairement a ce que nombre de personnes pensent, Sartre n’a pas voulu dire que nos rapports avec les autres étaient toujours douloureux voire insupportables. Il entend par là que si les rapports avec autrui sont tordus, difficiles ou figés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous réfléchissons sur ce que nous sommes, quand nous essayons de nous connaître, nous nous appuyons sur les connaissances que les autres ont déjà de nous. Les autres sont nos références pour penser sur nous (ou sur les autres). Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, qu’ils transmettent pour nous juger nous-mêmes. Quoique je dise sur moi, le jugement d’autrui en fait toujours partie. Ce qui signifie que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans une totale dépendance à autrui. Je suis donc en enfer. Il existe beaucoup de gens qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Néanmoins cela ne veut pas dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Cela marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

Par ailleurs, beaucoup de gens sont si encroûtés dans une série d’habitudes, de réflexes, de routines qu’ils portent sur eux des jugements dont ils souffrent mais qu’ils ne cherchent pas à changer. On peut dire qu’ils sont morts dans le sens où ils ne peuvent dépasser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs habitudes et qu’ils restent ainsi souvent victimes des jugements qu’on a portés sur eux. A partir de là, ils se montrent effectivement lâches ou méchants par exemple.

S’ils ont commencé à être lâches et qu’ils ne changent pas le fait qu’ils aient été lâches, par conséquent ils continuent à l’être et à le devenir. C’est pour cela qu’ils sont morts. Ils se conduisent un peu comme des morts vivants, entourés par le souci perpétuel de jugements et d’actions qu’ils ne veulent pas changer. Les personnages de Huis clos sont bien morts et ils ne peuvent plus changer et revenir en arrière pour sauver leur peau. Nous, nous sommes vivants et nous sommes donc libres de choisir la liberté. La liberté, au sens existentialiste, c’est pouvoir changer les actes par d’autres actes. Quel que soit le cercle d’enfer dans lequel nous vivons, nous sommes libres de le briser. Si les gens ne le brisent pas, c’est encore librement qu’ils y restent, de sorte qu’ils se mettent librement en enfer.

Quelques citations à retenir

On meurt toujours trop tôt ou trop tard (Inès)

Le bourreau c’est chacun de nous pour les deux autres (Garcin)

Ça m’est égal, lâche ou non pourvu qu’il embrasse bien (Estelle)

Alors c’est ça l’enfer. Je ne l’aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le souffre, le bûcher, le gril.. Ah quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l’enfer c’est les autres.

Moi, je suis méchante : ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m’éteins.

Allez faire un tour en enfer, au théâtre Falguière*. Les acteurs sont éblouissants de peur et de cruauté !Dépêchez-vous car la pièce a déjà été prolongée mais elle ne l’est plus pour longtemps.
*55 rue de la Procession, 15è. Tel : 01 56 58 02 32 / http://www.billetreduc.com/63318/evt.htm

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Anne, psychologue spécialiste en relations de couple

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